érick derac

text by Anne Malherbe
from In praise to impurity, October 2007
(version française ci-dessous)

 

Transparent and colourful, the photos of Erick Derac are as joyful as they are subversive; sliding between the exterior and the interior world, denying us any notion of slickness we might have about it.

If the work of Erick Derac is based on the photographic process and is represented in the form of photographic imagery, such practice does not tell the whole story. In his work, photography is not an end in itself; it’s neither about capturing nor framing the world. It is not to focus, nor to reconstruct; neither to recreate by way of montage. The resolve that drives this work is akin to the act of contamination, the idea that, rather than simply alluding to the act, far better, to practice it. (…)

Through these works we learn to see, or rather, to admit that what we had understood to be a complete reality is, in fact, an illusion. The images from the series Leurres — Lure, are thus rendered unrecognizable by the white or pastel perforations that “rupture” them. But before becoming a destructive element this “even snow” exercises a fascination, and here we can find an equivalent in the multiple scrutinizing eyes in the paintings of Takashi Murakami, and thus similarly capable of hypnotically capturing the eye, and holding the gaze. (…)

Although they attempt to thwart the effects, the works of Derac clearly exploit the techniques of seduction. The coloured elements remind us of stained glass; the Poussières — Dust, offer at first view the aerial and graceful silhouettes of a Miró painting, and Points de vue — Points of view, become kaleidoscopic. If reality is governed by the falsehood of appearances, and if then we are unable to find a solid base then the seduction itself finally remains irrevocable, leaving the eye no resting place

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Érick Derac fait de l’impureté un principe de création. (…) Transparentes et colorées, les photographies de Derac, dans un esprit aussi joyeux que subversif, se glissent entre le monde et nous, altérant l’image lisse que nous pourrions avoir de celui-ci. (…)

Les travaux d’Érick Derac sont ainsi cet observatoire d’où l’on examine l’enveloppe poreuse de l’être humain, du paysage urbain ou naturel, d’où l’on s’aperçoit aussi de l’inévitable souillure des choses, de leurs mélanges et de leur dépérissement. (…)

Les transparences impures de Derac nous enseignent que le monde ne possède pas de sol ferme, qu’il est fissuré et fragmentaire, tels les Partages d’espace, dans lesquels se télescopent des espaces différents, rompus eux-mêmes par des bandes colorées.
À travers de telles œuvres, nous apprenons à voir, c’est-à-dire à admettre que ce que nous prenions pour une réalité complète est une illusion. Les images de la série Leurres sont ainsi rendues méconnaissables par les poinçons blancs ou pastels qui les trouent. Mais avant d’être un élément perturbateur, cette neige régulière exerce une fascination dont on pourrait trouver un équivalent dans les multiples yeux scrutateurs des peintures de Takashi Murakami. Comme eux elle accroche le regard et l’hypnotise. (…)

Bien qu’ils s’emploient à en déjouer les effets, les travaux de Derac usent ouvertement des moyens de la séduction. Les insertions colorées ont un effet de vitrail, les Poussières offrent à première vue les silhouettes aériennes et graciles d’une peinture de Mirò, les Points de vue se composent en kaléidoscope. (…)